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Retour Alsace/ Lorraine

Métal : Bronze massif, argenté
Diamètre : 68 mm
Poids : 180 g
Présentation : sous boite
Atelier de gravure : Monnaie de Paris

Le retour de l'Alsace et de la Lorraine, ces deux provinces arrachées à la France par l'Allemagne victorieuse en 1871 et annexées à l'Empire allemand, est posé comme condition non négociable de la paix en 1918. La mobilisation en 1914 avait appelé à "la revanche", et le soldat était parti  "la fleur au fusil" pour une guerre qui devait être courte ...

Le conflit a duré quatre ans, et il a fallu le renfort des Britanniques et des Américains pour vaincre définitivement l'adversaire et le refouler outre-Rhin.

Les offensives massives lancées en août et septembre 1918 par les Alliés ont acculé l'ennemi à demander l'armistice. Celui-ci est signé le 11 novembre 1918, et les Allemands ont 15 jours pour se retirer. Le 17, les soldats français font leur entrée à Mulhouse, le 18 à Colmar, et le 22 à Strasbourg. A Paris, on a retiré le voile noir de deuil qui recouvrait la statue de Strasbourg qui trône place de la Concorde. Partout le peuple est en liesse.

Pour les politiques, si la guerre est finie, la paix reste à construire. Le traité de Versailles, signé le 28 juin 1919, consacre la réintégration de l'Alsace-Lorraine dans la souveraineté française ; la France retrouve ses frontières d'avant 1870.

Pour les Alsaciens-Lorrains, c'est près d'un demi-siècle d'administration allemande qui prend fin. Pendant 47 ans, ils ont résisté au processus de germanisation. Le dessinateur alsacien Hansi, ou encore Alphonse Daudet avec son récit de "La dernière classe" (entendez "en français") ont entretenu le sentiment patriotique et cultivé le mépris de l'autorité allemande.

Pourtant, les acclamations cachent parfois une réalité difficile. Plus de 100.000 personnes, d'origine ou partiellement d'origine allemande, sont expulsées par les autorités françaises. Les plus jeunes, même s'ils sont bel et bien français, ne parlent pas le français. Et puis c'est une France laïque que retrouve l'Alsace-Lorraine, qui n'a pas vécu la douloureuse séparation de l'Eglise et de l'Etat en 1905. Certains Alsaciens-Lorrains sont partisans de l'autonomie et créent une ligue, le "Heimatbund", dont les membres seront arrêtés et condamnés.

Le gouvernement français met en place des organismes chargés d'étudier un statut pour les départements reconquis. Finalement, ils conserveront le statut concordataire de 1801, qui garantit la rémunération du clergé par l'Etat, ainsi que des aides substantielles aux écoles confessionnelles. En outre, le système d'assurances sociales (plus intéressant que le régime général français) est maintenu, ainsi qu'un régime foncier particulier. Le bilinguisme est autorisé. La gauche française de l'époque s'insurge contre ce particularisme qui porte atteinte à l'unicité de la République. Mais pas plus leurs protestations que l'évolution des mentalités n'ont pu mettre fin à un statut d'exception accordé à des territoires que trois guerres successives ont ballottés entre France et Allemagne, symboles de patriotisme, et qui seront aussi les premiers apôtres de l'Europe de la paix.


58,00 € 58,00 €
Quantité :

Référence 7345563

Date de mise à jour : 05/04/2016